Les bons plans de Luc et François

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Nous vous proposons des randonnées organisées en kayak de mer

contact:  francois.parigot@wanadoo.fr

Vendredi 22 juin 2007

Pour 2008 on voulait aller en Corse mais Luc et moi ne sommes pas dispos cette année. Nous allons retourner en Ecosse Début Juin et en Juillet je vais aller au Québec pour pagayer sur le Saint Laurent et aussi descendre une rvière en canot camping, un de mes vieux rêves. Celà pourrait éventuellement déboucher sur un trip que l'on proposerait en 2009.

Voilà pour l'instant le programme.

Bonne navigation

François

Par François Parigot - Publié dans : randokayak
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Vendredi 22 juin 2007
Irlande
mai 2007
 
 
A Celtic Sea Voyage
 

vendredi 8 juin départ du club en même temps que l’équipe du défi des Courreaux pour rejoindre Roscoff et embarquer sur le Pont-Aven. Guinness au bar histoire de se mettre dans l’ambiance et nuit peinarde dans nos couchettes.

 

samedi 9 juin réveil vers 9h30, p’tit déj’ et débarquement vers 11h 30 à Cork.

Quelques minutes d’adaptation à la conduite à gauche pour Gilles et nous voilà en route pour l’Ouest du comté de Cork. Nous nous posons vers 13h à : The meadow camping park, charmant petit camping rural à 2km du petit port de Glandore (çà se prononce comme çà s’écrit et je vous laisse le soin des jeux de mots). Montage des tentes à vitesse Tevienne (30mn 26s chrono) après négociations sur le lieu idéal dans le camping. picnic puis embarquement au port pour une virée de trois heures dans la baie avec au programme : falaises, petits noiseaux, phoques curieux et aussi le tour D’Adam et Eve, 2 îlots à la sortie de la baie. Vent faible et agréable soleil voilé augurent bien de ce séjour . Dans le lointain d’autres îles et falaises nous tendent les bras et s’imposent comme sortie le lendemain. Une Guinness dans un des nombreux pubs qui bordent le port achève de nous convaincre que le sud de l’Irlande c’est le bon plan. Mon inévitable poulet au curry de début de rando nous redonne des forces avant de nous retirer sous nos tentes. Gilles s’attire quelques quolibets à cause de l’état de sa guitoune dont le revétement alu pêle lamentablement.

 

dimanche 10 juin soleil voilé en ce jour d’élection (nous avions fait une procuration) courte manip par un étroit chemin jusqu’à l’anse de Carrighilly à la sortie de Glandore Harbour et embarquement pour Rabbit Island, Low Island, High island et autres rochers situés au large de la côte (2km environ) un peu de mer, un peu de vent mais rien qui puisse effaroucher de vaillants kayakistes bretons, Pique nique et petit sieste bien à l’abri dans Blind Harbour avant de rentrer en longeant la côte. Stop sur Rabbit Island qui serait un super bivouac, rephoques et petits noiseaux et même un requin pélerin qui vient frôler l’Ultima de Marie. Remontée un peu pénible au camping sur une route super étroite bloquée par un traffic dense et un bus de retraités anglais (navigation 15km)

 

lundi 11 Pluie au réveil comme il fallait s’y attendre, p’tit déj dans la salle où on fait la vaisselle et qui dispose de bancs et de tables visiblement concus pour ce genre de météo. Manip de 25km vers Roaringwater Bay à l’extrème Sud Ouest de l’Irlande et embarquement dans le port de Baltimore (oui, oui c’est le même nom que la ville Américaine mais il ne faut pas oublier que 2 millions d’Irlandais ont fui la famine dans les années 1850 ; donc pas étonnant que les même noms se retrouvent). C’est parti pour une circumnavigation de Shearkin Island. Roaring water Bay c’est le pied, y a des îles partout et les coins de bivouac foisonnent, les courants « affolants » au dire des locaux ne dépassent pas 3km heure et le marnage est aux environs de 2m. Loutre Rerequin, phoques et j’en passe. Marie déroule sa ligne et nous sort un lieu, mais un lieu... « il frise les 70 cm sans mentire Peuchère » heureusement que Claude « Debbler » Huet est là pour finir de l’occire et le vider. Marie biche un max. La mer est un peu agitée à la pointe sud car nous sommes exposés à la houle de l’Atlantique et entre nous et l’Amérique il n’y rien que le rocher du Fastnet qui dans le lointain veille, sentinelle solitaire, sur les marins. Nous avons d’ailleurs une pensée émue pour les malheureux qui périrent il y quelques années au large de ce rocher lors de la fameuse course du Fastnet. Mais la Guinness nous appelle et nous remontons paisiblement vers Baltimore en longeant la côte escarpée et en contemplant les superbes strates rocheuses dont sont composées les falaises dans le lointain. nous explorons aussi quelques grottes au passage. (Navigation 17km) dîner du soir choucroute de la mer aux cubes de lieu tandoori.

 

mardi 12 réveil dans la brouillasse et mise en route un peu longuette (c’est le quatrième jour et les malheureux qui n’ont pas pagayé comme des fous tout l’hiver comme votre serviteur sont un peu endoloris)

ReBaltimore et départ vers Spanish Island (peut être refuge pour des marins de la Grande Armada victimes de la tempête et de Sir Francis Drake) par un étroit chenal, course aux moules dans les rochers pour améliorer l’ordinaire et cap sur Hare Island (l’île du lièvre). Les arbres et la maison en ruines sur l’ïle de Skeam East nous attirent pour le pique nique et nous faisons un petit détour. Le lieu serait surement un bivouac propice et Marie commence à évoquer la magie des couchers de soleil sur les petits îlots... une superbe arche au SO de l’île est le théatre du tournage d’un petit film grâce à l’appareil photo numérique de Marie. Retour au camp (bien sur après la Guinness au pub) pour manger les saucisses de Morteau prévues au diner de la veille et que nous avions délaissées au profit du lieu de Marie (Blaise, pas les plats sous vide). On parle de déplanter vers Bantry Bay car le mauvais temps est prévu pour jeudi. Comme tous les soirs on visionne les photos du jour dans le camion de Gilles et sur le micro de Gilles et on se réchauffe avec quelques gouttes de Whiskey (En Ecosse çà s’écrit Whisky et çà se boit comme çà se prononce). En fait on n’a pas froid du tout car comme vous le savez tous le Gulf Stream remonte jusqu’au SO de l’Irlande.

 

mercredi 13 Marie sait ce qu’elle veut (comme la plupart des femmes ) et ce qu’elle veut c’est un bivouac et malgré une météo peu encourageante pour le lendemain il est décidé d’aller bivouaquer sur la petite île de Skeam East que nous avions repérée la veille (elle est à environ 1km de la côte et nous devrions pouvoir échapper au mauvais temps sans trop de difficultés). Nous embarquons de la cale de White Hall, perdue au bout d’un promontoire après une préparation minutieuse. C’est le premier bivouac de Cristelle et comme pour toutes les premières fois faut y aller doucement. Le temps est maussade mais après une rincée derrière Horse Island (Horse = cheval, Rabbit = Lapin pour ceux qui n’ont rien glandé pendant les cours d’anglais) le temps se découvre et le groupe se scinde en deux. Cristelle, Claude et François coupent au plus court vers le bivouac et Marie et Gilles vont vadrouiller vers Castle Island (Faut dire que Roaringwater Bay (la baie des eaux rugissantes) est fourrée aux îsles et ressemble beaucoup au golfe du Morbihan sans la presqu’île de Rhuys (c’est à dire qu’au SO c’est très exposé) . Sur Skeam East le bivouac se révéle un enchantement, prévenus par la voix rocailleuse à l’accent très Irlandais de la VHF (rien à voir avec l’accent Prout Prout de Miss Suckmydick votre prof d’anglais du lycée) que le vent viendrait du NE nous plantons les guitounes derrière un solide mur de pierres séches, vestige de l’occupation de cette île par des humains (aujourd’hui il n’y a plus que des chêvres et un bouc !!) et après un copieux diner nous allons trépied en main et whiskey en poche explorer l’île pour trouver le meilleur endroit pour un coucher de soleil. Il fait beau et chaud (contrepéterie belge) et on se sent bien sur cette île ; Nous allons même faire les zozos sur l’arche et posons pour quelques photos. Un feu de camp alimenté par du bois flotté achève de donner la touche boyscoutesque à cette agréable soirée.

 
 

jeudi 14 la météo locale avait raison (et météoconsult aussi d’ailleurs qui a 10 jours annonçait du mauvais temps) il pleut et çà souffle du NE, mais il n’y a que force 4 et la mer est plate comme les genoux d’une nonne irlandaise. Après le p’tit déj bien à l’abri dans les ruines d’un cottage nous embarquons et d’une courte traversée allons nous mettre à l’abri de la côte que nous explorons un peu avant de débarquer vers midi (18 km en deux jours)

Après le pique nique pris à l’abri du camion nous roulons vers Bantry Bay et le camping de Eagle point ( vaste champ de caravanes heureusement vides situé sur un promontoire et avec accès direct à l’eau). Il fait tellement dégueu que nous ne plantons pas les tentes tout de suite et allons visiter la bourgade de Glengariff et ses boutiques pleines de pulls irlandais tricotés main. Nous redescendons ensuite à Bantry pour un rapide léche-vitrine (seul achat : des cure-dents pour manger les bigorneaux) un afternoon tea and cakes dans une teashop et un diner de saumon frites salade Guinness dans un pub du port. La pluie s’est calmée et nous montons le camp avant la séance photo-Whiskey dans le camion.

 

vendredi 15 Nos voisins dans leur gros camping car nous regardaient un peu de travers hier soir à leur arrivée et nous nous rendons-compte que en bon français nous nous sommes plantés sur un emplacement réservé aux camping-cars et qu’en plus nous en occupons trois d’emplacements !! notre seule excuse : depuis le troisième jour le minibus de Gilles est devenu un camping car, sa tente est maintenant à coté de la poubelle du camping car elle prend l’eau lamentablement ! Nous embarquons directement du camping pour aller faire le tour de Whiddy Island qui n’est certainement pas la plus belle île d’Irlande avec son hideux terminal Pétrolier au SO témoin de l’incendie du navire français Bételgeuse dans les années 80. Un quai délabré genre Mourmansk après l’effondrement de l’Union Soviètique comme on trouve dans les BD de Bilal ne nous laisse pas un souvenir impérissable. Heureusement Marie tape un lieu et Gilles ramasse quelques oursins. Pique nique un peu frisquet et visite du port nauséabond de Bantry avant de regagner notre camp. Seule vision forte qui me restera de cette balade : une belle irlandaise au teint de lait campée sur son fier destrier le menant dans l’eau jusqu’au poitrail.....

 

samedi 16 c’est le dernier jour et nous voulons profiter du fait de n’être qu’à 2 heures de route de Cork pour naviguer. Notre doyen renaude un peu à cause du lever matinal et c’est sur le coup de 9h que nous embarquons pour une promenade expresse vers la baie de Glengariff dans l’espoir de voir nos derniers phoques. Le timing est un peu juste et je rappelle les troupes à l’entrée de la baie pour un retour express, un démontage express, une douche et des pâtes expresses avant de filer prendre le ferry. Embarquement sans histoire, dernière Guinness et premier Irish Coffee. Arrivée à Roscoff à 7 h le dimanche matin retour au club pour 10h ce qui nous laisse le temps d’aller voter et d’assurer une défaite moins lourde à l’opposition.

 

conclusion belle semaine beaux paysages, avec peu de route (940km de camion, dont 500 en Irlande) plus de 100km en kayak, 6 nuits en camping, 1 en bivouac, 2 confortables sur le ferry. Coût : moins de 600€ par personne (sans la Guinness ,4€ la pinte) en partant en mai on aurait économisé 400€ sur le ferry (1500€ 1 minibus, 1 remorque, 5 kayaks, 5 personnes, 2 cabines)

 

Je repartirais bien en 2008 et vous ?

 
 
les participants :
Marie Blaise (club de betton)
Cristele Meriadec
Claude Huet
Gilles Brizay
François Parigot
Minibus Gilles, remorque CS Betton

Kayaks 4 Arktika classique 1 Ultima

 
Par François Parigot - Publié dans : randokayak
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Mardi 6 juin 2006
CORSE 2006
Ca y est les marins sont de retour!
Nous avons effectué deux randos à la suite avec des conditions météos rudes (surtout la deuxième semaine) avec des avis de grand frais qui se sont succédés à une cadence accélérée.
Néanmoins tout le monde est rentré bronzé et content. Quelques photos ont été mises en ligne et un récit plus étoffé suivra
Par François Parigot - Publié dans : randokayak
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Lundi 13 mars 2006

MATERIEL FOURNI
(mais vous pouvez bien sûr utiliser votre propre matériel)

Kayak ARKTIKA équipé 6ème catégorie

Pagaie Lendal - Jupe plastique

Gilet de sauvetage Palm 2 poches

Tentes « vieux campeur » 2 places

1 sac étanche (pour le sac de couchage)

Matelas mousse

Popotes, réchauds

Assiettes, verres, bols, couverts

 

Trousseau recommandé

 

MATERIEL PERSONNEL

Une tenue de Kayakiste

Pour le haut :

 Anorak de kayak (si possible avec capuche)

lycra + petite fourrure polaire (il peut parfois faire froid)

Pour le bas :

Pantalon imperméable (genre K Way)

Collant lycra ou polaire

Chaussures fermées type bateau

(évitez le néoprène qui est très désagréable quand on pagaye plusieurs jours de suite ainsi que le coton qui comme chacun sait est hydrophile)

Couvre-chef, lunettes de soleil (avec attache)

Crème solaire écran total

Une tenue de bivouac

T.shirt, fourrure polaire, pantalon, coupe vent ou veste de quart, chaussures

(Attention au poids c’est vous qui pagayez)

Affaires de toilettes minimum, savon de mer ou de Marseille

Serviette de toilette de rando en microfibre

Sac de couchage (éviter la plume)

Médicaments personnels (Si besoin)

Dans le minibus pour le retour de randonnée

Affaires de toilette et change pour prendre le bateau sans avoir l’air de sortir de la jungle.

 

 

 

MATERIEL FACULTATIF MAIS BIEN UTILE ET AGREABLE

 maillot de bain

Matelas personnel autogonflant de bivouac (Pour les grasses matinées)

Lampe frontale (Avec piles de rechange)

Lecture, walkman, cartes (selon votre humeur)

Couteau
siège de camping à trois pieds (évitez la chaise longue,çà ne rentre pas dans les caissons)

Gourde

Boussole
boules quies (il y toujours au moins un ronfleur dans le groupe)

Appareil photo+protection étanche 

Sacs étanches

(taille moyenne ou petite pour vos affaires personnelles)

1 petite pochette étanche pour vos papiers

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par François Parigot - Publié dans : randokayak
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Mercredi 23 novembre 2005
Groenland 2004
Expédition « ancienne route des kayaks »
 
 
Jeudi 1er juillet
 
« Ne vous approchez pas trop près de celui-là, il peut se retourner » nous crie Yann. Docilement le petit groupe freine les kayaks et reste à bonne distance de l’iceberg. C’est notre premier iceberg dans la baie de Narssaq et l’excitation est à son comble. Au loin une arche de glace de  taille respectable nous attire. C’est notre première journée de navigation au sud Groenland et un grand rêve est en train de se réaliser pour tous les membres de l’expédition.
 
Sous la houlette de notre guide Yann Lemoine, animateur de l’association Peuple Nomade, 6 kayakistes de Bretagne sont partis essayer de rouvrir « l’ancienne route de kayaks ».
 
En effet Yann rêvait, depuis certaines conversations avec des anciens de Narssaq, de redécouvrir cette voie qui, à travers les fjords et les lacs de montagne, et moyennant quelques portages, permettait de rejoindre Ivigttut au nord sans passer par la mer libre et le pack qui l’encombre parfois.
 
L’an dernier, une première reconnaissance en Nautiraid lui avait permis de localiser les portages à effectuer mais le manque de temps et la météo l’avaient contraint à renoncer : les pluies incessantes avaient gorgé le terrain d’eau et tout portage s’avérait impossible. Peut-être aurons-nous plus de chance cette année.
 
Vendredi 2 juillet
 
Deuxième jour du raid. Après une première nuit fraîche sur le bord du Bredefjord et un petit déjeuner sous la moustiquaire (qu’il faudra toujours garder à portée de main )nous embarquons et après une navigation sans histoire, ponctuée d’une visite émouvante sur le lieu d’un ancien village inuit et de ses tombes où nous voyons des restes d’ossements sous les empilements de pierres, nous atteignons un magnifique bivouac alpestre près du glacier Naujat Sermiat qui s’écoule de la calotte glaciaire. Les bivouacs dans les fonds de fjords ont ceci de magique que, aussitôt sortis de nos kayaks de mer (de superbes Prijon Kodiak) nous pourrions nous croire à 2500 m d’altitude.
 
Samedi 3 juillet
 
Nous nous approchons du glacier et pour la première fois nous voyons la source des icebergs : un mur de glace plonge dans l’eau et de temps à autre vêlent des icebergs de taille variable. Le Naujat Sermiat est un petit glacier, et les icebergs qu’il produit n’ont rien à voir avec ceux que l’on trouve dans la baie de Disko ; néanmoins nous restons à bonne distance du front de glace. Nous prenons la route d’un autre glacier que nous devrions atteindre d’ici deux jours : le Sermilik. Yann, aidé de son GPS, nous guide dans un dédale de fjords et après 33 km, sous un ciel maussade, nous montons le camp le long du fjord Tarssukataq. Pour la première fois nous montons le Tipi qui sera notre de lieu de vie pendant les jours de mauvais temps.
Marie pêche une énorme morue, et nous dégustons son foie cru, mariné au citron et au whisky, mets digne d’un grand restaurant.
 
 
Dimanche 4 juillet
 
Nous remontons jusqu’au fond du Fjord et nous faufilons dans une passe d’à peine un mètre de large marquée par deux cairns. Les pêcheurs locaux empruntent cette passe dans leurs speedboats pour passer d’un Fjord à l’autre et s’éviter un long détour. La faune arctique est discrète mais nous apercevons un renard au poil sombre (ils sont blancs en hiver) et un aigle. La remontée du Fjord du Sermilik en fin de journée est un spectacle impressionnant : du fond du fjord, la masse du glacier nous envoie son air frais. Nous pouvons aussi contempler la calotte glaciaire qui couvre 80% de la surface du Groenland. Bivouac sur des dalles rabotées par le glacier et qui renvoient la chaleur accumulée pendant la journée. Nous devrions être demain soir au début des portages.
 
lundi 5 juillet
 
Emotion intense : nous approchons du front de glace du Sermilik, un arc de cercle de près de deux kilomètres, en nous faufilant entre des icebergs bleus et blancs. Nous restons à environ 400 m du front de glace, écrasés par la majesté du lieu. L’ambiance de bout du monde est absolument inoubliable et ce n’est qu’à regret que nous rebroussons chemin pour nous diriger vers le Fjord d’Isortoq où doivent débuter les portages de « l’ancienne route des kayaks ». Comme souvent au Groenland les éléments en décident autrement et vers midi, un méchant vent debout s’étant levé, nous montons le camp pour attendre des conditions meilleures. Le groupe en profite qui pour faire la sieste, qui pour aller pêcher, qui pour faire une longue balade dans les petites montagnes alentour parsemées de petits lacs et de mousse imbibée d’eau.
 
Mardi 6 juillet
 
Pluie et vent, mais les conditions sont meilleures que la veille : nous continuons notre descente du Sermilik et passons le cap Akuliaruseq sans encombres. Il fait froid ( à peine 10°) et l’arrêt dans une cabane de pêcheurs malodorante pour une soupe chaude et des nouilles chinoises, notre invariable repas du midi, nous fait du bien. L’après-midi, le vent de Sud-Ouest nous pousse dans des surfs endiablés et nous emmène jusqu’au Fjord d’Isortoq. Yann nous annonce que nous avons fait des pointes à 17km/h ! Nous avons parcouru 150km depuis notre départ de Narssaq.
La fatigue se fait sentir et Yann décide sagement de nous faire passer la nuit à la station d’abattage de caribous d’Isortoq où un petit gîte avec douche chaude nous remet à neuf. Un succulent ragoût de caribou achève de nous requinquer. Nous trouvons un peu étrange mais fort agréable ce petit coin de civilisation avec antenne satellite et électricité, après 5 jours dans les solitudes du Groenland sud. Le propriétaire, originaire d’Islande, vient nous rendre visite et nous annonce fièrement que la Commission Européenne vient de lui accorder une licence d’exportation. A quand des steaks de caribou dans les restaurants français ?
 
Mercredi 7 juillet
 
Les choses sérieuses commencent. Nous pagayons quelques minutes vers le fond du fjord et débarquons au pied d’une cascade. Le premier lac se trouve juste au dessus. En 1h15 d’efforts nous faisons franchir le portage à nos 7 kayaks qui encore bien chargés pèsent chacun environ 60kg. Heureusement, nous avons des sangles de portage qui nous permettent de nous répartir le poids. Nous remettons à l’eau et parcourons environ 2km sur le lac avant d’affronter le deuxième portage, beaucoup plus sérieux celui-là, et point ultime de la reconnaissance de Yann l’an dernier. La déclivité est plus importante et nous choisissons d’utiliser les cordes de sécurité pour confectionner un palan rudimentaire. Les costauds de l’équipe tirent sur la corde en redescendant et les autres poussent pour faire glisser les kayaks sur la végétation. L’ambiance est à la rigolade et au bout de deux heures sous la pluie qui ne nous lâche pas depuis le matin, les kayaks ont franchi la difficulté et nous embarquons plein d’espoirs : nous sommes au point culminant du passage ;  plus qu’un lac à franchir et nous devrions rattraper la rivière qui nous conduira vers les fjords menant à Ivigtut. Au bout du deuxième lac, nous nous arrêtons pour manger une soupe chaude pendant que Yann entreprend une reconnaissance au pas de course avant que le brouillard n’ôte toute visibilité. Il revient, affamé, au bout d’une grande heure et c’est là que la mauvaise nouvelle tombe. Le dernier lac a disparu, envahi par la tourbe et la sphaigne : nous ne rouvrirons pas l’ancienne route des kayaks. Le portage des bateaux sur un terrain gorgé d’eau pendant plusieurs kilomètres exigerait un effort et un temps considérables. Nous décidons de renoncer et de bivouaquer sur place avant d’entreprendre le retour vers Narssaq par le chemin des écoliers. La déception est rude. Nous montons le camp rapidement sous la pluie et une partie du groupe décide d’aller explorer le passage à pied et tenter d’apercevoir le delta où nous devions parvenir. Malgré la brume qui tombe ils parviennent non loin de la cascade qui aurait dû constituer notre dernier portage.
 
Jeudi 8 juillet
 
Nous sommes trempés jusqu’aux os, les tentes commencent à prendre l’eau mais le moral reste bon et nous repassons les deux portages de la veille en sens inverse. Heureusement ça descend et nous progressons rapidement. Nous pagayons vers la sortie du Fjord d’Isortoq nous nous arrêtons faire une pause, et là Yann décide qu’une nuit à la station d’abattage des caribous pour faire sécher le matériel serait une bonne idée. Nous avons en effet une semaine de route devant nous pour rejoindre Narssaq, et pagayeurs et matériel sont trempés. Nous retrouvons avec plaisir le petit gîte et nous mettons tout à sécher sous un hangar.
 
Vendredi 9 juillet
 
Yann avait eu du nez : ce matin un bon force 8 ou 9 souffle et nous laissons sagement nos kayaks sur le petit quai de la station pour partir à la pêche ou en balade à la recherche de bois de caribou. Les pêcheurs sont chanceux et c’est un festin de saumon sauvage et d’omble chevalier dont nous nous  régalons.
 
Samedi 10 juillet
 
 Au réveil, le vent souffle toujours mais semble baisser. Nous chargeons rapidement les kayaks et  pagayons vers la sortie du fjord avec un vent de force 5 dans le dos : objectif Quagssimiut, petit port de pêche à la sortie du Bredefjord donnant sur la mer libre. La carte n’est pas des plus précises, elle est au 250 000e, un peu comme si vous faisiez une randonnée kayak de mer en Bretagne avec juste la carte Michelin ! Et même avec le GPS nous ne prenons pas l’itinéraire le plus direct et nous rallongeons pas mal la route. Nous parcourons 31 km et nous arrêtons à une dizaine de km du village. Le temps fraîchit sérieusement et toutes les polaires entassées dans les sacs étanches sont de sortie. Il commence à nous manquer quelques provisions de base comme du pain, du beurre et de la confiture et surtout du tabac sans oublier le whisky dont nous finissons les dernières gouttes. L’arrêt au village sera le bienvenu.
 
 
 
 
Dimanche 11 juillet
 
Après avoir zigzagué entre les îlots à la recherche d’une passe vers Quagssimiut par le nord nous  trouvons la passe sud et faisons notre entrée dans ce petit village de poupées avec ses maisons colorées importées du Danemark en kit avec instructions de montage sur cassettes vidéo. Il fait gris et assez froid mais notre arrivée suscite une certaine effervescence. Un petit groupe de Groenlandais nous attend sur la plage avec de grands sourires : ils ont sans doute rarement vu des touristes en kayak et notre présence remue peut-être des souvenirs. Comble du paradoxe pour les touristes européens que nous sommes, on nous photographie. Un homme nous fait comprendre qu’il nous invite à boire un café dans ce qui s’avère être la maison de retraite du village. L’échange est limité sur le plan linguistique mais les sourires et l’examen des photos accrochées nous montrant le passé de cet homme, ancien marin, compensent largement. Nous déambulons ensuite entre les quelques maisons du village, beaucoup sont abandonnées et donnent au lieu une atmosphère étrange. Nous allons monter le camp à quelques encablures près d’un hangar abandonné qui pourrait nous abriter de la pluie, mais la puanteur qui s’en dégage nous fait préférer l’air libre.
 
 
 
 
Lundi 12 juillet
 
Retour à Quagssimiut pour quelques courses dans la minuscule épicerie, en chemin nous croisons un chalutier venu de Narssaq. Réembarquement et de quelques coups de pagaie nous rejoignons le chalutier qui a jeté l’ancre près de notre bivouac. Une forme accrochée sur le flanc droit du bateau nous intrigue : c’est un rorqual, nous dit Yann, et l’équipage s’active à le dépecer. La peau et la couche de graisse qui protègent l’animal sont prestement découpés et hissés à bord à l’aide d’un palan. Le capitaine nous en propose même un morceau à déguster cru, c’est le Mataq, friandise groenlandaise. Le reste de la journée nous remontons tranquillement par de petits fjords vers le Bredjeford le long duquel nous bivouaquons. Le beau temps est revenu.
 
Mardi 13 juillet
 
Brouillard, traversée sans encombre du Bredjefjord pour contourner l’île de Tugtutoq par le sud-ouest. Au déjeuner, malgré le beau temps, Yann semble inquiet et nous fait forcer l’allure : il craint un coup de foehn. Il a raison : en fin d’après-midi, un fort vent thermique se lève en quelques minutes et nous n’avons que le temps de bifurquer dans un fjord secondaire pour y monter le camp et attendre une accalmie. Nous sommes à 25 km de Narssaq et nous avons au maximum 2 jours devant nous. Notre avion décolle vendredi. Au dîner, Fred et Yann nous régalent de magnifiques truites péchées au pied de la petite cascade qui nous alimente en eau douce.
 
Mercredi 14 juillet 04
 
Le vent est tombé, et le temps est magnifique, mais il faut rester vigilant. Il est donc décidé de rallier Narssaq le jour même. Poussés par un petit vent de sud-ouest et la marée montante, nous progressons rapidement et la montagne de Narssaq apparaît dans le lointain. La traversée du Sound s’effectue à allure record et nous rejoignons l’auberge de jeunesse qui nous sert de camp de base. Dîner très arrosé chez le propriétaire de l’auberge de jeunesse. Il ne manque qu’un feu d’artifice pour conclure ce jour de fête nationale. Nous n’avons certes pas réouvert l’ancienne route des kayaks, mais nous avons effectué plus de 300km d’un parcours magnifique en étant pratiquement isolés de tout. Notre seul lien avec le reste du monde étant notre téléphone satellite et en cas de grand danger notre balise Argos.
 
Les participants : Yann Lemoine, notre guide de l’association Peuple nomade.
                             Luc Vincent et sa fille Marie
                             France Audebourg et Stéphane Gallerne du club Kraken à Saint Briac
                            Fred Joly et François Parigot, du club de Thorigné Eaux Vives
 
Remerciements à CKM, Grand Nord Grand Large, Polyform, Kerk. 
     
 
 
Par François Parigot - Publié dans : randokayak
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Mercredi 23 novembre 2005
Et Encore la Corse !
 
Dimanche 27 avril2003,
 
Je me demandais bien (et je ne devais pas être le seul) ce que je venais faire dans cette galère, chahuté que j’étais par un vilain force 4 qui soufflait en levant des vagues parfois blanches d’écume.. Les bateaux étaient chargés à bloc avec une semaine de vivres dans les soutes et la navigation vent arrière n’était pas de la tarte !
Heureusement tout se calma après la tour d’Olmeto et l’arrivée dans la calanque de Fornello fût paisible. L’ami Patrick nous y attendait avec du rosé bien frais et de la charcuterie Corse ce qui acheva de nous remettre de nos émotions.
 
Lundi 28 avril
 
Chargement laborieux pour les néophytes de la randonnée puis parcours enchanteur vers les îles Bruzzi et la baie de Figari. Pendant la pause du midi l’arrivé d’un garde de la réserve marine nous fit l’effet d’une douche froide : le bivouac était interdit partout et sa seule suggestion était d’aller à l’hôtel à Bonifacio. Devant notre mine déconfite il finit par concéder que la petite calanque avant l’entrée du chenal du port de Bonifacio pourrait nous servir de bivouac ; Le hic c’est qu’il était plus de 15h et que c’était au diable pour nous. Malgré tout, soucieux de ne point susciter l’ire du fonctionnaire corse et ne point compromettre de futures randos nous décidâmes d’obtempérer. La loi de l’emmerdement maximum ayant décidé de frapper, une bonne brise d’Est se leva et nous força à faire des détours par tous les fonds de golfe pour nous abriter. C’est donc fort tard et assez fourbus que nous atteignîmes notre gîte au fond d’une superbe calanque crayeuse. Heureusement il y avait les tomates farcies de Luc pour nous requinquer !
 
 
 
Mardi 29 Avril.
 
Petite inspection du site avant de rembarquer et étonnement de voir que les Glénans avaient utilisé ce lieu pour des stages de voiles, des cahutes en ruine avec leur pancarte en témoignaient.
Un des points forts de cette rando devait être la visite des grottes situées sous les falaises de Bonifacio et personne ne fut déçu. Les touristes à bord des nombreuses vedettes qui sillonnaient le coin nous enviaient beaucoup. Nous devions faire escale au port de Bonifacio avant de continuer notre route mais le vent d’Est en décida autrement et le bivouac fut installé discrètement dans une petite calanque abritée toute proche du centre ville pendant que les courageux partaient en reconnaissance Soirée choucroute !
 
Mercredi 30 Avril
 
L’escadre au complet filait bon train vers la sortie du port quand un plaisancier nous avisa qu’un bulletin spécial de la météo annonçait un coup de vent d’est (force 7) jusqu’à midi.
Mon sang ne fit qu’un tour et j’envisageai illico une visite de la ville haute avec glaces et cartes postales en attendant que cela se calme. Malheureusement l’ami Luc ne l’entendait pas de cette oreille et prétendit que nous allions nous abriter derrière les falaises pour progresser et saisir le moment favorable pour passer le cap Pertusato. Je doutais fort de la justesse du raisonnement, mais il avait raison le bougre ! Après l’effet venturi à la sortie du port la progression se fit relativement au calme sauf quand des brèches dans la falaise laissaient passer un vent rabattant vous donnant l’impression d’être directement sous les pales d’un hélicoptère. Le pique nique sur un petit coin de craie sous les falaises fut très apprécié et effectivement vers 12h30 le vent se calma et nous permit une progression facile jusqu’à notre bivouac de Calla Longua sur la côte Est. Une sympathique paillote qui avait échappée au zèle destructeur de certains préfets nous abrita. Un bon dîner comme à l’habitude, quelques gouttes d’un breuvage reconstituant à base de malt et un bon feu sur la plage achevèrent de nous réconforter. Seule ombre au tableau : nous devions faire le tour des îles Lavezzi aujourd’hui et ce maudit vent d’Est nous avait retardé. Qu’à cela ne tienne nous le ferions jeudi, notre tour, et allions mettre les bouchées doubles pour rattraper notre retard. Que n’imagine-t-on pas autour d’un bon feu de camp !
 
Jeudi 1er Mai.
 
Malgré la date nous n’allions pas chômer ce jour-là ! D’abord cap sur l’île Cavallo et sa réserve de milliardaires. Quelques masures de luxe conçues par des architectes mégalos nous esbaudirent un peu, mais nous préférâmes les splendeurs naturelles des Lavezzi et les petites plages cachées au milieu des rochers. Quelques esprits narquois faisaient des comparaisons avec Ploumanac’h mais finalement on les sentait impressionnés.  Après une longue promenade sur l’île il fallut mettre cap au nord : Objectif la plage circulaire de Rondinara (vu le nom c’est pas étonnant qu’elle soit circulaire !) c’était sans compter avec ce fichu vent de Nord Est qui nous repoussa au fond du golfe de Santa Manza. Cela nous permit de découvrir un petit bivouac sympa mais nous étions toujours en retard sur le tableau de marche.
 
Vendredi 2 Mai
 
Pas question de pont pour nous, Port-Vecchio était encore loin et il ne fallait pas mollir.Le vent non plus ne mollissait pas d’ailleurs et il était toujours de Nord Est ! Nous atteignîmes Rondinara pour le pique-nique. C’est un site enchanteur bien protégé qui constitue un mouillage de rêve pour les plaisanciers. Ce jour là, il n’y avait que nous et quelques amateurs de kite-surf plus deux autochtones goguenards qui pensaient que nous étions venus de Roccapina, notre lieu de départ du dimanche, dans la journée. Ils devaient confondre nos Arktika avec des jet-ski !
L’après-midi nous pûmes tester la stabilité des bateaux dans une mer hachée qui nous faisait ressembler à des gamins sur un manége de chevaux de bois. Dans une traversée de golfe bien agitée Xavier prit un cap sur une tache blanche sur une plage qui se révéla être un couple en plein ébats, pensant être tranquille sur ce rivage inaccessible. Franche rigolade à bord des kayaks . Après une brève escale à Porto Novo, bivouac de l’an dernier, il fût décidé de mettre le cap sur Santa Giulia et d’y arrêter la croisière. Porto-Vecchio était trop loin. Le bourdonnement de petits kékés en jet-ski nous accueillit et nous fit comprendre que nous étions retournés à la civilisation. Un superbe taxi Mercedes avec des sièges cuir nous transporta Pascal et moi jusqu’à Bonifacio pour y récupérer le minibus aimablement garé là par l’ami Patrick. Notre air hirsute de flibustiers ne sembla pas choquer notre aimable et volubile chauffeur. Une fois le matériel chargé nous fîmes une petite navette jusqu’au camping « les îlots d’or » situé dans le golfe de Porto-Vecchio et où nous devions arriver par la mer. La douche chaude fût fort appréciée.
 
Samedi 3 mai
 
Bateaux vides par un beau soleil et un temps calme la troupe fonça jusqu’au phare de la Chiappa où Marie prit son dernier bain de mer avant le retour au camp, le rangement et le long, long retour jusqu’à Rennes.
 
On repart en 2005, pourquoi ne seriez-vous pas du voyage ?
 
Les bateaux : Arktika de chez Polyform
 
Les Kayakistes :
 
Marie-Christine Blaise (Betton)
Pascal Lebée (Polyform)
Luc et Christophe Vincent (Kraken)
Claude Huet, Xavier Hervé, François Parigot (Thorigné eaux vives)
Merci à la famille Chauvel pour la navette et l’apéro du 1er soir.
                                                                                  Récit François
                                                                                  Photos Claude Huet
Par François Parigot - Publié dans : randokayak
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Mercredi 23 novembre 2005

Quand il ne pagaye  pas dans les solitudes glacées du Groenland Luc Vincent (avec le chapeau)travaille pour le comité départemental d'Ille et vilaine de Ck et anime le club Kraken à Saint Briac. Il est Breveté d'état kayak de mer et vous fait des tomates farcies à la cocotte-minute comme personne.

Kraken: http://www.kayak-kraken.org/

François Parigot (avec la casquette) est moniteur de kayak de mer et de rivière et quand il ne pagaye pas avec son copain Luc il passe son temps sur internet à chercher où il pourrait bien aller pagayer. Quand il lui reste un peu de temps il enseigne l'anglais à l'université de Rennes.

TEV: http://tevives.free.fr

Par François Parigot - Publié dans : randokayak
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Lundi 21 novembre 2005

  SCOTLAND FOR EVER !

Dimanche 12 juin 2005,

 4ème visite à Broadford, île de Skye, la routine quoi !!

 

 

 

Nous sommes 5 et nous nous affairons autour des kayaks. Huit jours de vivres à charger et pas de lyophilisé du tout !! on ne devrait pas crever de faim d’autant plus que c’est Luc qui a fait la plupart des courses. Le groupe est juste un peu inquiet à cause du cheddar que j’ai acheté dans un Sainsbury local. Qu’ils se rassurent çà n’a pas de goût !

 

 La météo sur internet à l’air bonne et ni Luc ni moi ne sommes inquiets malgré les fortes risées qui agitent la baie. Le responsable des promenades en bateau du coin est moins optimiste et me confie qu’il a entendu un avis de grand frais pour aujourd’hui et lundi.

 

 

 

Qu’importe, nous connaissons tellement bien les lieux Luc et moi que nous nous sentons invulnérables.

Hélas le vent en avait décidé autrement et environ deux heures plus tard il fallu se rendre à l’évidence nous n’arriverions pas à rejoindre notre bivouac habituel au nord de l’île de Scalpay. Nous faisons demi-tour dans des creux d’un mètre avec un bon force 7 dans le nez et nous nous réfugions sur la côte sud de l’île non loin d’un petit manoir et nous commençons à monter le camp sur ce qui me semble être du terrain collectif. La propriétaire de l’île qui s’est matérialisée quelques minutes plus tard me fait comprendre dans un anglais châtié qu’il n’en est rien et que toute l’île lui appartient. Elle ressemble à Camilla avec son fichu sur la tête et vu la tronche je décide de la jouer gentleman. Après un petit moment de discussion où elle comprend que nous ne sommes pas des voyous elle se déride un peu (façon Rottweiller après le canigou) et nous laisse peinards. Nuit ventée et pluvieuse mais le poulet au curry et le whisky soutiennent le moral.

 

 Lundi 13

 

 

 

Rebelote pour le temps, j’insiste pour passer par le sud et tenter de rallier les parages de Portree histoire de nous mettre à l’abri mais Luc comme d’hab. n’en fait qu’à sa tête et prétend que nous allons réussir à passer par l’Est de l’île. Re-vent, re-vagues et un bel esquimautage de Marcel  nous convainquent qu’il faut changer de plan. Retour à la case départ (nous avons fait environ 8 bornes en 24h ) passage par le sud de l’île et après un grand bac dans le vent nous installons le bivouac sur Skye au fond du Loch Ainort.

Midges et tomates farcies au menu.

 

 Mardi 14

 

 

 

Çà se calme comme la météo sur BBC 4 le dit et nous allons voir les phoques sur Scalpay puis nous mettons le cap sur Portree. La remontée du Sound est un peu laborieuse car le déjeuner avait été copieux : Harengs pomme à l’huile et arrosé : Aquavit. Marie en profite pour appâter et nous déclare que le soir ce serait bouillon dégraissé pour elle. Dommage : mardi c’était

Fish and chips et bière ! Il pleut et il fait froid à Portree et il fait vraiment bon au pub. Nous dégoulinons et essuyons discrètement nos sièges avant de partir. Même la patronne trouve que ce n’est pas un temps de saison. Marcel renâcle un peu à l’idée de reprendre les kayaks pour trouver le bivouac : il a horreur de la pluie et essaie de nous faire croire qu’il fait toujours beau à Pleudihen !! la promesse de bananes flambées (dessert diététique bien connu après le fish and chips) lui redonne le moral. Nuit humide à nouveau

 

Mercredi 15

  Réveil sous la pluie mais la météo promet une amélioration, heureusement car il y aurait eu mutinerie à bord. Après un coup de fil aux coastguards de Stornoway sur les Hébrides extérieurs (attention l’accent) qui nous assurent que le temps va tenir 48h nous décidons de monter au nord de Raasay et d’aller bivouaquer dans un refuge que nous connaissons. Après une journée de navigation calme nous atteignons notre havre. Il fait presque beau et le charmant petit refuge avec sa promesse de nuit au sec fait remonter le moral en flèche. Nous faisons sécher un maximum d’affaires, nous nous lavons à la petite source abondamment rechargée par les pluies des jours précédents et allons nous balader sur les hauteurs pour regarder les petites fleurs,  faire des photos et admirer les vues magnifiques de Skye à l’Ouest et de Torridon à l’est. Soirée choucroute et flambée dans la cheminée, nuit réparatrice malgré le chœur de ronflements de Marcel et Luc.

 

Jeudi 16

Temps calme et embarquement sans histoire ; Nous nous aprétons à une traversée de 8 km sur une mer plate et sans vent quand la séquence émotion commence sans prévenir : un requin pèlerin d’environ 3m50 est en chasse dans le sound qui sépare Raasay de Rona. Nous nous en approchons de fort près pour l’observer et c’est là que Philippe se paye la grosse émotion car le bestiau se dirige droit sur lui aileron hors de l’eau et passe… sous son kayak,  l’aileron frappant la coque sans que cela émeuve la bête le moins du monde. Philippe lui a eu des palpitations. Pour les ignares dans mon genre sachez que le requin pèlerin ne se nourrit que de plancton et de tous petits poissons et n’a pas de dents.

 

Traversée sans histoire, nous prêtons à peine attention aux nombreux macareux qui flottent çà et là ainsi qu’à un malheureux marsouin qui passait par là. Pique nique près d’une cascade sur Skye où Luc nous régale d’un numéro de phoque humain dans l’eau fraîche qui tombe de la montagne. Nous apercevons même une baleine de Mink qui s’ébat dans le lointain !!

 

Les émotions ne sont pas encore terminées un gros requin pèlerin se baguenaude du coté des falaises de Kilt Rock et nous restons un long moment prés de lui, les plus audacieux allant même jusqu’à lui toucher l’aileron. L’Ecosse est vraiment le paradis de la faune sauvage !!

Bivouac tranquille à Staffin Bay. Magnifique coucher de soleil à minuit heure française.

 

Vendredi 17

  François quitte le groupe pour aller prendre le bus vers Broadford pour faire la navette. Stupeur c’est le même chauffeur que l’an dernier et la même mamie à la permanente bleutée est assise sur le siège avant !

Les autres sont censés aller voire les phoques vers Eillan Flodigarry mais un dernier Pélerin monstrueux (au moins 10m d’après eux) fait passer les phoques au second plan.

Retour à Staffin, rangement et route vers le Loch Lomond prés de Glasgow pour le bivouac.

 

Samedi 18

 

Longue route fatiguante avec une chaleur de plus en plus étouffante pour rejoindre Portsmouth et le ferry. Arrêt brandade de morue cuisinée par Luc sur une aire d’autoroute ce qui nous vaut des regards intéressés des autres voyageurs.

Pub à Portsmouth et nuit sur le ferry (il n’y a presque personne à bord et nous avons un salon avec sièges inclinables rien que pour nous pour étaler nos matelas gonflables, royal !!)

 

Luc et moi repartons en juillet 2006. Pourquoi pas avec vous ?

 

Les participants :

Marie Blaise, Betton

Philippe Cormont , Paris

Marcel Gasnier, corsaires malouins

Luc Vincent, Kraken

François Parigot, Thorigné eaux vives.

 

Récit : François. Francois.parigot@wanadoo.fr

  

 

Par François Parigot - Publié dans : randokayak
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